VINX « GROOVE HEROES » (L Production)

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Il était en concert le 12 décembre au New Morning pour le lancement de son nouvel album. Ce chanteur américain à la merveilleuse voix de baryton vient juste de mettre au monde « Groove heroes », son nouveau bébé. Disons le tout de suite, « l’enfant » est au mieux de sa forme !

Vinx a un impressionnant palmarès à son actif : il a enregistré et tourné avec Stevie Wonder, Sting, Ricki Lee Jones, Herbie Hancock, Taj Mahal et bien d’autres artistes. Auteur de 11 albums il vit désormais en France depuis 2016 et ce nouvel enregistrement a de fortes chances d’accroitre encore un peu plus sa popularité. Sa superbe voix se marie à merveille avec les influences jazz et soul de sa musique.

Les 13 titres du disque « fondent » littéralement en bouche (ou plutôt en oreille) et chaque écoute supplémentaire fait apparaitre de nouvelles pépites. On y trouve beaucoup de ses compositions mais aussi quelques reprises (dont « Family affair » de Sly Stone). Mais le morceau de choix pour moi reste « Ugly face » et ses 7’08 mn de bonheur avec son refrain porté par un riff de guitare presque hard et surtout par les prestations étonnantes de ses complices Lee Payne aux claquettes et Alem le beatboxer.

Ajoutez à son groupe l’ extraordinaire bassiste Reggie Washington (Steve Coleman, Brandford Marsalis, Cassandra Wilson), le batteur Patrick Dorcéan (Fred Wesley, Zap Mama, Selah Sue) et le pianiste Alfio Origlio (Salif Keita, Didier Lockwood, Keziah Jones) et vous comprendrez pourquoi ce « Groove heroes » a quelque chose de … magique.

http://www.vinx.com

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NO MONEY KIDS « HEAR THE SILENCE » (Roy Music)

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Avec un premier EP en 2014 (« Old man ») suivi l’année suivante d’un album (« I don’t trust you »), le duo No Money Kids a acquis une notoriété certaine auprès des critiques et du public. Sorti au mois de mars 2017 leur dernier album explosif « Hear the silence » ne pourra qu’augmenter d’un cran la popularité du groupe.

No Money Kids a vu le jour en banlieue parisienne autour du duo formé par le guitariste et chanteur Félix Matschulat et le bassiste-sampleur-arrangeur JM Pelatan.

Dès les premières paroles (« Do you remember my name… ») et le rythme chaloupé du titre en ouverture « Man down » on tombe sous le charme. Le deuxième morceau « Loaded gun » fait monter la pression et se termine en blues électrique survitaminée à la ZZ Top (que l’on retrouvera d’ailleurs plus loin avec « Black hole »).  La jolie ballade « Take me to your home » nous permet de faire une pose agréable avant que les choses sérieuses reprennent avec l’agressif « Burning game » dont le clip vient de sortir (voir ci-dessous).

« Easy » reste un de mes favoris avec son petit côté stonien. On ne trouve aucun remplissage dans ce nouvel opus, rien que du lourd; un electro-blues puissant et saignant qui rend impossible la moindre immobilité de votre corps. Signe que même à l’international la sauce prend : on trouve plusieurs de leurs singles dans des séries TV américaines ainsi que dans des films…

No Money Kids a de l’énergie à revendre, prenez-en une bonne dose…

http://www.nomoneykids.com

 

OMMM « JUSQU’ICI » (Musigamy)

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Le nom de ce groupe est malheureusement peu connu du public et c’est bien dommage. Ommm est composé de trois chanteuses, un chanteur, un human beatbox et un dubmaster (ingénieur du son qui électronise les voix). Ils ont déjà réalisé 2 albums et préparent en ce moment le troisième. Ils ont tourné dans plusieurs pays et ont remporté de nombreuses récompenses.

Parallèlement à cette carrière les membres du groupe anime des ateliers et des cours pédagogiques (pour professionnels, amateurs, enfants) autour du chant diphonique, de la pratique du beatbox, de l’improvisation.

En attendant ce prochain opus, voici un clip extrait du nouvel EP. Il s’agit de titres souvent joués en concert mais qui ne figuraient sur aucun de leurs enregistrements. On y trouve une version a cappella de la chanson de  Noir Désir « Le vent nous portera » . Découvrez sans tarder ce groupe vocal talentueux.

http://www.ommm.fr

MAKJA « CAR NÉE DE DOUTES »

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Son premier EP, « Un camp », était sorti en mars 2016. Depuis, Makja a beaucoup fait parler de lui, notamment avec sa chanson coup de poing « Déchire » et le clip qui l’accompagnait. Rappelons que le titre était sorti entre les deux tours de l’élection présidentielle, au moment où le Front National avait le vent en poupe…

Makja s’est depuis beaucoup produit sur scène (voir chronique sur le festival « Le Haillan Chanté »). Voici un nouveau titre sorti récemment et dont le clip a été tourné en Corse, une chanson remplie de poésie et d’émotion.

http://www.makja.com

 

MEHARI « ALL THIS TIME » (Champ’Caine Records)

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Mehari est le nom d’un duo toulousain qui a vu le jour en 2010. Leur premier EP, « Red moon », est sorti en 2013 précédent un EP de remixes. Les deux musiciens ont écumé les salles de leur région avant de rencontrer le groupe anglais Is Tropical qui leur propose de remixer leur dernier single « Lover’s cave ». Le titre sort sur le label Kitsuné et connait un certain succès, même à l’étranger.

La popularité de Mehari augmente quand les Inrocks Labs prenne le duo sous leurs ailes. Ce nouvel EP constitué de 6 titres (dont 3 remixes) oscille entre un univers musical atmosphérique à mi chemin entre Giorgio Moroder et Air, porté par un chant aérien. D’ailleurs cette ambiance « cosmique » semble inspirer le duo tant par la pochette que par les textes.

Pour parfaire l’ensemble, Mehari a sollicité le studio créatif parisien Ante Bellum Films pour réaliser un clip interactif autour du titre « Long way home », où chaque internaute se retrouve dans la peau d’un cosmonaute à la recherche de traces de vie…

Alors, prêt pour le voyage ?

http://www.facebook.com/wearemehari

Version interactive de Long Way Home :

« CHAVELA VARGAS » de Catherine Gund et Daresha Kyi

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Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas à un disque mais à un film que je tire mon chapeau. Le documentaire réalisé par ces deux femmes rend hommage à une grande dame de la chanson, Chavela Vargas.

Née au Costa Rica en 1919, Chavela (Isabel de son vrai prénom) fût rejetée par la société et par sa propre famille qui n’acceptait pas son esprit rebel et sa non conformité. Elle ne supportait pas d’être féminine dans une société machiste. Elle s’exila au Mexique (encore plus machiste) et commença à chanter dans des cabarets vêtue d’un pantalon et d’un poncho. Sa voix grave et déchirée touchèrent le coeur du public, mais sa façon d’être (elle buvait autant que les hommes et était attirée par les femmes) lui valut d’être tenue à l’écart d’un vrai succès.

Après 12 ans d’absence (à cause de son alcoolisme) elle fût invitée à remonter sur scène et la magie réapparut. Sa popularité fût croissante et les plus grands notables du pays se pressèrent pour l’entendre. Elle en profita d’ailleurs pour mettre leurs femmes dans son lit… Elle fût remarquée par des professionnels espagnols qui l’incitèrent à venir chanter à Madrid. C’est en Espagne qu’elle connût le véritable triomphe qu’elle méritait et pour la première fois elle se produisit dans des théâtres (et non dans de simples cabarets). Un de ses plus grands admirateurs, le cinéaste Pedro Almodovar, la fit même venir à Paris, à l’Olympia, qui représentait la consécration pour elle.

Interviews de l’artiste, anecdotes de ses proches et extraits de concerts nous permettent de découvrir une personnalité incroyable qui n’a eu tout au long de sa vie qu’un seul vrai compagnon : la solitude. Sentant la mort approcher, elle demanda à quitter l’Espagne qui lui faisait un triomphe pour finir sa vie au Mexique où elle mourut le 5 août 2012. Il nous reste sa voix bouleversante à jamais gravée sur la cire et l’image sulfureuse d’une femme qui toute sa vie lutta pour son indépendance et sa liberté.

Un film passionnant et émouvant.       B.J