NAÏSSAM JALAL « QUEST OF THE INVISIBLE » (Les Couleurs du Son)

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Née à Paris de parents syriens, Naïssam Jalal a un parcours musical et humain qui pourrait se résumer en un seul mot : Liberté. Son apprentissage débute à 6 ans, à 17 ans elle découvre l’improvisation, et son Certificat de Fin d’Études Musicales en poche elle va étudier le nay à Damas. Elle se rend plus tard en Égypte afin de développer ses connaissances de la musique arabe classique.

De retour en France, après avoir accompagné le rappeur libanais Rayess Bek et le oudiste égyptien Hazem Shaheen, elle sort en 2009 l’album « Aux résistances » sous le nom du duo Noun Ya qu’elle crée avec le guitariste et oudiste Yann Pittard. Tout au long de son parcours, Naïssam Jalal n’a cessé de côtoyer des univers musicaux différents (rap, jazz, afrobeat…) et de jouer auprès de musiciens comme Cheikh Tidiane Seck, Fatoumata Diawara, Médéric Collignon, Amazigh Kateb, Melingo et bien d’autres.

Elle crée en 2011 le quintet Rhythms of Resistance avec qui elle enregistrera deux albums. En 2018 elle sort sous le nom d’ Al Akhareen un album de hip-hop avec le rappeur Osloob. La même année elle est nominée aux Victoires du Jazz.

Pour le double album « Quest of the invisible » elle a choisi d’être accompagnée par le pianiste Leonardo Montana et le contrebassiste Claude Tchamitchian. Les 8 compositions de Naïssam Jalal tendent toutes à atteindre un sentiment de plénitude , voir d’extase. C’est une musique d’une grande introspection que la musicienne a voulu exprimer, une sorte de quête largement inspirée par les traditions mystiques.

Naïssam Jalal s’est longtemps imprégnée des univers spirituels de Cheikh Yassin Al Tohami, du flûtiste Hariprasad Chaurasia mais aussi d’Alice et John Coltrane. Les compositions s’étalent de 7’00 à 11’00 et permettent à l’auditeur de rentrer peu à peu à l’intérieur de ce monde magique et envoûtant où même le silence tient une place prépondérante.La voix vient par instant apporter son concours comme dans « Le temps », « Le chant des nuages » ou encore « Prière ». Sur « Ivresse » le percussionniste Hamid Drake vient jouer du daf en invité.

Cette « quête de l’invisible » (traduction du titre) par une musicienne comme Naïssam Jalal nous mène dans des contrées inexplorées, parfois loin de tout repère, mais c’est un voyage passionnant et apaisant qui ouvre un peu plus notre perception du monde.       B.Jean

Sortie le 1er mars 2019

http://www.naissamjalal.com

 

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Moonlight Benjamin en résidence au Rocher de Palmer, février 2019

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Après la parution de son précédent et magistral album « Siltane » en mars 2018, unanimement salué par la critique, la chanteuse Moonlight Benjamin était en résidence à Cenon (près de Bordeaux) du 18 au 22 février 2019.

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C’est dans le Salon de Musiques du Rocher de Palmer que toute l’équipe (musiciens et techniciens) s’est retrouvée pour un filage. J’ai eu le privilège d’assister à la matinée du mercredi 20 février et de découvrir plusieurs titres qui figureront sur le prochain album. Le groupe était très en forme et tout cela augure de bons concerts en perspective…

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Le concert prévu sur place vendredi n’aura finalement pas lieu, mais ce n’est que partie remise car le public de la région bordelaise aura l’occasion de voir et entendre tout ce petit monde en juillet prochain au festival des Hauts de Garonne. Le groupe entrera en studio en mars à Poitiers pour enregistrer son nouvel opus et il faudra attendre la fin de l’année pour déguster cette prochaine galette.                                                                                          B.Jean

P1010213      P1010215 Photos Bernard Jean

http://www.moonlightbenjamin.com

THE BONGO HOP « SATINGARONA Pt.2 » (Underdog/Big Wax)

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Fin 2016 paraissait « Satingarona Pt.1 », premier projet du trompettiste bordelais Etienne Sevet. Ce globe trotter touche à tout (journaliste, Dj, prof en sciences politiques) a passé 8 ans en Colombie à baigner dans les rythmes afro-caribéens. Il en a tiré un véritable carnet de voyages musical très métissé où l’on trouvait la chanteuse Nidia Gongora (Quantic), le rappeur Maikcel et le producteur Patchworks.

Dans ce deuxième volet on retrouve Nidia Gongora au chant mais aussi le rappeur Greg Frite (Triptik), le chanteur haïtien Kephny Eliacin et les chanteuses Laurène Pierre-Magnani et Cindy Pooch. C’est une véritable tornades de cuivres et de rythmes qui déferle tout au long de cet album dont la principale vertu est de faire danser. La diversité des intervenants offre une grande richesse et évite toute lassitude éventuelle.

Cette musique ensoleillée ne cache pas cependant les problèmes présents dans ces contrées et les textes les évoquent comme dans « Grenn pwonmenné » qui parle de surexploitation et de déforestation à Haïti. « Satingarona Pt.2 » a le goût et l’odeur des voyages, des rencontres et des métissages. Laissez-vous embarquer pour un périple original et épicé.                                                                                                                              B.Jean

https://www.facebook.com/bongohopmusic

Sortie le 22 février 2019

STÉPHANE HUCHARD CULTISONGS TRIO « OFF-OFF BROADWAY » (Jazz Eleven)

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Rendre hommage à la culture musicale de Broadway, c’est le dernier projet du batteur Stéphane Huchard avec son trio, composé de Stéphane Guillaume (saxophone) et Thomas Bramerie (contrebasse).

Ces trois musiciens figurent parmi les plus recherchés dans le domaine du jazz, aussi bien en France qu’à l’étranger. Des artistes comme Dee Dee Bridgewater, Claude Nougaro, Gil Evans, Didier Lockwood les ont plébiscités pour jouer à leurs côtés ou enregistrer avec eux. Tous trois mènent une carrière solo ainsi qu’une autre en tant que sideman.

Les 14 titres présents sur « Off-off Broadway » sont pour la plupart de véritables standards qui ont illustré de célèbres comédies musicales : « My heart belongs to daddy » (Cole Porter), « My foolish heart » (Young/Washington) ou encore «  »The way you look tonight » (Fields/Kern). C’est à une relecture complète de ce patrimoine que se sont livrés ces musiciens, forts d’une indéniable expérience forgée depuis une vingtaine d’années.

Stéphane Huchard et ses compagnons laissent libre court à leur imagination et à leur talent d’improvisateur pour nous offrir des versions revisitées avec bonheur de ces thèmes qui ont vu le jour à New York. C’est en deux jours au mois de juin 2017 qu’ils ont enregistré ces titres au studio Les Tontons Flingueurs de Renaison (42).

Que l’on apprécie ou pas l’univers des comédies musicales, on pourra sans problème se laisser séduire par la musique inventive de ce trio.                                                            B.Jean

http://www.stephane-huchard.com

CHARLELIE COUTURE « MÊME PAS SOMMEIL » (Flying Boat)

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Après « Lafayette » enregistré en Louisiane en 2016, notre lorrain et new-yorkais préféré a choisi de quitter une Amérique complétement chamboulée depuis l’arrivée de Trump et de rentrer au bercail. C’est donc depuis juin 2017 qu’il a retrouvé la France et commencé à travailler sur de nouvelles chansons.

Charlélie Couture a enregistré ce nouvel album (le 23ème !) dans les anciens studios du label Vogue, devenus Midilive. A ses côtés on retrouve les musiciens qui l’ont accompagné lors de sa dernière tournée, notamment le guitariste Karim Attoumane. Ce dernier a produit « Même pas sommeil » avec Bertrand Lacombe (alias Dombrance) et bien sûr Charlélie.

On y retrouve tout l’univers inclassable de son auteur, un monde poétique lucide et teinté d’humour. Musicalement ce nouvel opus navigue entre chansons (« Les chevaux froids »), blues (Another man blues »), rock (« The hardest ») et ambiance jazzy (« Le lamantin »). Sur « Les heures caniculaires » le violon de Pierre Sangra fait merveille, tandis que le final de « The hardest » explose littéralement sous les assauts de la guitare électrique saturée de Karim Attoumane.

Chaque album de Charlélie Couture est une surprise agréable et ce n’est pas ce nouvel opus qui modifiera mon opinion…                                                                                            B.Jean

http://www.charlelie.com

 

TRIBADE « LAS DESHEREDADAS » (Propaganda Pel Fet)

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Tribade est un jeune trio féminin de rap qui vient de Barcelone. Elles ont pour nom Bittah, Masiva Lulla et Sombra Alor. Le DJ Big Mark assure la partie musicale. Le groupe a vu le jour début 2017 et a autoproduit 3 singles via YouTube : « Gaupasa » et « Mujeres » en 2017, puis « La purga » en octobre 2018.

Loin des clichés touristiques propres à la ville catalane, l’univers de Tribade nous parle d’une autre réalité : celle des plus modestes et des exclus. Les trois MCs utilisent leurs voix comme des armes contre le machisme ambiant et le fascisme ordinaire. Leurs textes, véritables poésies urbaines du 21ème siècle sont à l’image de notre société, crus et réalistes, sans concession.

« Las desheredadas » est leur premier album et c’est un vrai coup de poing constitué de 13 morceaux avec des thèmes comme la précarité, le silence autour du mouvement LGBT, l’activisme, les luttes sociales, l’entraide entre voisins, l’image des femmes… Le rap de Tribade s’enrichit d’influences musicales comme l’afrotrap, le reggaeton, le flamenco ou la soul. Sur la chanson « Asalto » le trio a invité la rappeuse Ariana Puello.

Tribade débutera une longue tournée le 8 mars à Berlin, avant de s’envoler aux USA et à Mexico. Retour courant mars en Espagne, puis quelques dates en France. A découvrir de toute urgence.                                                                                 B.Jean

http://www.tribaderap.com

ANITA FARMINE « SEASONS » (Palapapaï Prod)

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Tout d’abord, il y a cette voix immense et pure qui vous prend, un chant lyrique digne des plus grandes chanteuses classiques. Puis la musique, surprenante. On pourrait s’attendre à une forme plutôt classique, traditionnelle mais il n’en est rien. Il s’agit bien d’une partition résolument actuelle et bien ancrée dans la modernité.

« Seasons » est l’un des meilleurs exemples de ce que l’on qualifie de « world music ». Mais là ou certains musiciens en font trop dans ce genre hybride et ne parviennent pas vraiment à convaincre, Anita Farmine a vraiment su créer un univers original inspiré par son parcours personnel et ses origines. Elle a vu le jour en Iran en 1978, d’un père iranien et d’une mère française, tous deux professeurs et progressistes.

Préférant fuir un régime de plus en plus intolérant, la famille rejoint l’Algérie où elle reste deux ans avant de s’installer à Dunkerque. C’est là qu’Anita prend des cours de musique. Elle découvre avec passion La Callas et s’oriente dès lors vers le chant lyrique et le piano classique, elle a 9 ans. Elle continue ses cours à Orléans où ses parents s’installent. Elle écoute aussi Les Doors, Pink Floyd, Bob Marley, et à 24 ans joue avec différents groupes.

Le nom de famille « Farmine » n’est en fait pas son véritable nom. C’est son père qui a choisit cet acronyme en Iran : F comme Fight, A comme Against, R comme Racism, M comme Monarchy, I comme Imperialism et N comme Nazism. Le « e » final a été rajouté en arrivant en France. Le moins que l’on puisse dire est que la chanteuse porte un vrai nom de guerre et de résistance !

Les textes de « Seasons » sont chantés en persan mais aussi en français et en anglais. Anita Farmine a composé la musique ainsi que les paroles (à l’exception de 4 titres). Elle joue également de plusieurs instruments de percussions traditionnels: karkabous, daf. Les musiciens qui l’accompagnent utilisent synthés, claviers, basse, guitares, ukulélé, batterie, programmations de façon efficace et mesurée.

L’album se termine de manière énergique avec l’émouvant « Raftégân » (Ceux qui sont partis), le morceau le plus rock du disque. Pendant une cinquantaine de minutes, Anita Farmine nous aura vraiment conquis et captivés avec son univers subtile, pont entre un classicisme à la saveur orientale et un son électro très actuel. Un petit joyau à déguster avec délectation.                                                                                                                             B.Jean

Sortie de l’album : 1er mars 2019

http://www.anitafarmine.com

Clip d’ « Azadi » réalisé par Claire Mazard et illustré par Sophie Bass