THE CELTIC SOCIAL CLUB « A NEW KIND OF FREEDOM » (10h10)

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Le Celtic Social Club a vu le jour en 2014 et a sorti un 1er album cette même année. Le groupe comprend 7 musiciens dont Jimme O’Neill (ex chanteur/guitariste des lumineux écossais The Silencers), Manu Masko (batteur et clavier de Red Cardell) et Ronan Le Bars (flûte et cornemuse irlandaise). Ajoutez à ces derniers d’excellents musiciens au banjo, mandoline, guitare, violon, harmonica, basse et vous obtiendrez un cocktail tonique à base de rock celtique et de folk.

C’est le batteur et producteur Manu Masko qui a lancé le concept de The Celtic Social Club et depuis, du festival Des Vieilles Charrues de Carhaix en passant par Central Park à New York, des dates en Allemagne, en Suisse, au Vietnam, en Algérie et en Chine, la formation n’a cessé d’enthousiasmer les foules.

Ce très attendu deuxième album ne décevra personne, bien au contraire. Encore plus abouti (plus mûr ?) que le premier, il a tout pour vous faire remuer et danser jusqu’au bout de la nuit. Le disque comprend 11 titres dont 10 ont été écrits par Jimme O’Neill et composés par le groupe. On y retrouve « Christmas 1914 » sorti en single en décembre dernier, avec la participation du chanteur sénégalais Faada Freddy.

The Celtic Social Club est en tournée depuis le mois de mars. Ne les ratez surtout pas s’ils passent près de chez vous, ils sont fantastiques sur scène.

Extraits sur http://www.celticsocialclub.com

MONSIEUR LUNE « UN RENAUD POUR MOI TOUT SEUL » (Papa Luna Productions)

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En janvier 1982, Renaud avait donné une série de concerts à l’Olympia (« Un Olympia pour moi tout seul »), juste après l’investiture de François Mitterrand. Trente cinq ans après, Nicolas Pantalacci alias Monsieur Lune rend hommage à un auteur et interprète qui l’a beaucoup marqué. Il faut dire que les parents de Monsieur Lune ont tous les deux travaillé avec Renaud comme journaliste radio et attachée de presse…

Mais il y a reprises et reprises. Exit donc les tubes des années récentes et retour aux classiques du début, les plus corrosifs et les plus « sociaux » : « Deuxième génération », « Laisse béton », « C’est mon dernier bal »… Monsieur Lune a délibérément opté pour le côté social et générationnel, le terme « engagé » étant peut-être un peu fort…

« Un Renaud pour moi tout seul » comporte 11 titres donc certains moins connus du grand public comme « La médaille » ou « Les charognards », qui figurent parmi les morceaux les plus réussis de cet enregistrement. Monsieur Lune a su garder l’esprit originel tout en apportant sa touche personnelle et le résultat est plus que satisfaisant.

Ceux qui (comme moi) aiment les chansons de Renaud mais apprécient beaucoup moins sa voix  seront aux anges, quant aux autres : « Laisse béton ».

Sortie le 23 juin 2017.  En concert au Café de la Danse (Paris) le 17 juin.

http://www.monsieurlune.fr

 

RAUL MIDÓN « BAD ASS AND BLIND » (Mack Avenue)

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Avec 5 albums solo au compteur (y compris celui-ci) et une participation à près d’une soixantaine d’autres, Raul Midón est un personnage à part dans la sphère musicale. Né d’un père argentin et d’une mère afro-américaine, le petit Raul a perdu la vue, tout comme son frère jumeau, quelques jours après sa naissance au Nouveau-Mexique.

Très tôt il s’est passionné pour la musique et a joué de la batterie puis de la guitare dans diverses formations. Mais c’est surtout sa voix qui a captivé bon nombre d’artistes qui l’ont engagé auprès d’eux comme Jennifer Lopez, Jose Feliciano, Shakira…

Cette très belle voix lui a permis de croiser tous les styles musicaux : jazz (avec Herbie Hancock, Marcus Miller), soul (avec Stevie Wonder), blues… Il est ainsi très difficile (voir impossible) de le ranger dans une catégorie particulière. C’est probablement cela qui fait aussi son charme…

« Bad ass and blind » ne déroge pas à la règle alternant rythmes jazzy, folk et soul. La voix de Raul Midón coule comme du miel et son jeu de guitare est un plaisir. Le titre « Jack (Robert Lorick) » qu’il interprète seul à la guitare acoustique en est un des meilleurs exemples. Outre ses propres compositions, on trouve aussi une version du fameux « Fly like an eagle » du Steve Miller Band.

Un album particulièrement agréable à écouter.

http://www.raulmidon.com

Makja, Dimoné, Magyd Cherfi en concert au festival « Le Haillan Chanté », 6-11 juin 2017

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Cette 8ème édition, qui se déroule comme chaque année dans la commune du Haillan, près de Bordeaux (33), nous a permis de découvrir les talents émergents de la chanson française ainsi que des artistes confirmés. Au total ce sont une vingtaine de concerts qui ont eu lieu dans la salle de L’Entrepôt, sur sa terrasse ou dans le Théâtre de Verdure avec entre autres : Makja, Romain Didier, Magyd Cherfi, Mathieu Boogaerts, Dimoné

Retour sur 3 de ces soirées. C’est Makja qui a ouvert le bal le mardi 6 juin en compagnie des élèves de 4ème du collège Emile Zola. Ce jeune artiste est un habitué des ateliers d’écriture de chansons (il a animé des rencontres dans des prisons, des écoles…). Les collégiens ont ainsi pu choisir des thèmes qui les touchait et créer des textes sensibles (rejet de l’autre, image des filles dans les médias…) sous la houlette de Kalam Makja et de son musicien Mikael Bentz.

Makja et Mikael Bentz.JPG Makja (Photo B.Jean)

Puis vient le concert de cet artiste étonnant qui a beaucoup fait parler de lui récemment avec le clip « Déchire » (voir article de mon blog du 7 mai ). Cet artiste engagé n’hésite pas à fustiger la montée de l’extrême droite et ses inquiétantes dérives (rejet de l’étranger, populisme…). Makja a une indéniable présence sur scène qui rappelle celle de grands de la chanson comme Léo Ferré, ce qui n’est pas le moindre des compliments… Textes sensibles et forts. Un grand moment d’humanité.

Magyd Cherfi, le chanteur de Zebda, était l’une des têtes d’affiche du festival. Dans l’après-midi il était en dédicace pour son dernier livre « Ma part de gaulois ». Mais c’est surtout sa présence dans la grande salle de L’Entrepôt qui a mobilisé les foules. Son humour et sa présence ont fait mouche auprès du public, celui-ci lui a même soufflé une partie de paroles lors d’un trou de mémoire… Les anecdotes de jeunesse qu’il a partagé tout au long de la soirée ont crée un climat de complicité et d’intimité très apprécié. Un concert chaleureux à l’image de son interprète.

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Magyd Cherfi (Photo B.Jean)  

En première partie le chanteur belge Ivan Tirtiaux a égrainé quelques unes de ses chansons de sa voix grave et profonde. Accompagné d’une guitare acoustique il chante les voyages, les femmes, la nature avec un ton très personnel. Il navigue entre folk et blues en suivant « L’envol » (titre de son dernier album) qu’il a choisi.

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  Ivan Tirtiaux (Photo B.Jean)

Si la soirée du samedi proposait un beau menu (Alexis HK et Kent), c’est plutôt la fin d’après-midi qui me motivait… J’avais craqué pour son nouvel EP « Épris dans la glace » (voir ma chronique du 6 mai 2017) et j’avais enfin la chance de voir cet énigmatique auteur-chanteur-guitariste. Je n’ai pa été déçu… Avec l’étroite complicité de Jean-Christophe Sirven aux claviers et à la programmation, Dimoné a fait son show, puisant abondamment dans l’album « Bien hommé mal femmé » (coup de cœur 2015 de l’Académie Charles Cros) et dans son dernier EP. Dimoné joue de la guitare électrique (3 différentes sur scène) et manie le verbe et l’humour grinçant. Malgré quelques soucis techniques les deux musiciens ont donné un superbe concert devant un public conquis.

Dimoné.JPG                               Dimoné (Photo B.Jean)

A l’extérieur deux drôles d’oiseaux nous attendaient pour nous conter des chansons mordantes et insolentes. Sous le nom de « Chansons inconvenantes« , les deux lascars (respectivement Imbert Imbert à la contrebasse et Sarcloret au chant et à la guitare) nous ont offert un répertoire hors-norme et irrévérencieux où tous les cons de ce monde ont dû avoir les oreilles qui sifflaient… Décapant !Chansons Inconvenatnes.JPG

Pour cette édition 2017, les organisateurs du Haillan Chanté ont réussi leur pari en présentant des artistes encore peu connus et méritants aux côtés de sympathiques « pointures ». La Chanson française de qualité n’a pas à s’inquiéter de son avenir…

Bernard Jean

 

 

 

 

« Chansons inconvenantes » (Photo B.Jean)

 

Imbert Imbert et Sarcloret (Photo B.Jean)

TAKEIFA « GASS GISS » (Moctar Sall / Keyzit)

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Le groupe Takeifa (qui signifie « La famille Keita ») a fait ses débuts en 2006 au Sénégal sous l’impulsion de Jac Keita. Ce dernier dès 11 ans avait déjà bricolé sa première guitare avec des câbles de bicyclette en guise de cordes… Il a au fil des années réussi à convaincre ses 3 autres frères et sa sœur à le rejoindre dans cette aventure musicale.

Jac et le Takeifa (le premier nom de l’ensemble) s’est ainsi transformé en Takeifa et a réalisé un premier album, « Diaspora », en 2008. Puis vient en 2012 l’heure de la consécration avec « Get free » et ses 10 titres percutants qui vont assoir la notoriété du groupe.

« Gass giss » a toute les chances de faire connaitre Takeifa a un plus large public. Il a tout pour accrocher l’auditeur : rythmique et mélodie efficaces, afro rock teinté de folk, et voix de velours. Les textes,principalement chantés en wolof, sont résolument optimistes et encourageants.

Le titre « Gass giss » peut se traduire par « Qui cherche trouve ». Une chose est sûre : Jac (chant/guitare), Cheikh (guitare), Maah Koudia (basse), Iba (batterie) et Fadel Keita (rap) ont trouvé leur voie et c’est un vrai bonheur que de les écouter.

Le disque a été enregistré dans le studio de Baaba Maal (que l’on retrouve dans le titre « Ndanane »).

http://www.facebook.com/takeifaofficiel

Sortie de l’album le 30 juin 2017.  Concert le 28 juin 2017 au New Morning (Paris).

 

DELPHINE COUTANT « LA NUIT PHILHARMONIQUE » (La Cueilleuse)

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Remarquée par son premier album « Alouette », elle devient sélection Découvertes au Printemps de Bourges en 2003. Trois autres enregistrements suivront dont « Parades nuptiales » en 2012 qui obtiendra un succès unanime auprès des critiques.

Il faut dire que Delphine Coutant s’est toujours démarquée des autres chanteuses françaises par son style original et une certaine étrangeté des textes. Elle partage son temps entre la création artistique et la récolte de sel dans les marais salants de Guérande… C’est probablement cette dernière activité qui lui donne ce côté proche de la nature que l’on sent dans ses textes, comme le superbe « Dehors tout refleurit » qui ouvre ce nouvel album.

Cette violoniste de formation a su créer un univers poétique fascinant autour de ses créations, n’hésitant pas à jouer du violon dans les arbres (« Le concerto perché ») ou du piano sur les eaux (« Le pianO du lac ») avec sa Volière aux pianos. Un concept original qui met en valeur sa musique organique et la beauté de ses textes. « La nuit philharmonique » est l’exemple parfait d’une alchimie réussie entre musique (superbes arrangements de cordes et de cuivres) et textes inspirés.

On a du mal à comprendre que cette artiste soit si peu connue du public ! Mais peut-être vaut-il mieux préserver cette belle intimité afin d’en sauvegarder la pureté et la Beauté avec un grand B…

D comme Delphine, C comme Coutant, B comme Beauté, ne manque plus que le A du mot Amour pour former les premières lettres d’un nouvel alphabet à l’envers. A l’envers comme notre tête à l’écoute de ce nouvel opus somptueux.

http://www.delphinecoutant.fr

THIERRY MAILLARD « ALONE » (Ilona Records)

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Un album de piano solo en hommage à Brel, Brassens et Ferré, voilà de quoi susciter l’étonnement et l’interrogation. Et l’auditeur n’est pas au bout de ses surprises à l’écoute de ce disque…

La liste des titres (14 au total) est un véritable « best of » des trois géants de la chanson française : »Chanson pour l’auvergnat », « Les copains d’abord », « Ne me quitte pas », « Quand on a que l’amour », « Jolie môme », «  »Avec le temps » et bien d’autres classiques. Mais l’évidence s’arrête là car Thierry Maillard n’a pas du tout choisi la facilité, loin de là…

Habitué à changer de registre, passant du trio jazz à l’orchestre philharmonique, le pianiste-orchestrateur et compositeur a enregistré quelques 13 albums auxquels il faut ajouter deux albums solo et des participations avec des artistes internationaux. « Alone » est donc bien plus qu’un disque de reprises, c’est un incroyable travail de création qui écarte toute facilité.

Le disque comporte 3 parties : les 4 premiers morceaux sont de Georges Brassens, puis viennent 4 titres de Jacques Brel et 4 autres de Léo Ferré. Deux compositions de Thierry Maillard (« Alone » et « Les trois poètes ») viennent s’intercaler entre ces parties. Le pianiste utilise également un accordina (instrument dont le son est entre l’accordéon et l’harmonica) sur 3 titres.

Thierry Maillard rend un vibrant hommage à ces trois grands de la chanson française en laissant libre cours à son imagination et à son talent d’improvisateur hors pair. Nourri à la musique classique puis au jazz, le pianiste se sert de ces ingrédients pour modifier la recette d’un plat que l’on croyait connaitre par cœur mais que l’on redécouvre avec étonnement.

Thierry Maillard serait-il le cuisinier de l’année ? En tous cas, il peut être fier de l’élaboration d' »Alone » qui mérite amplement 3 étoiles dans le guide de la Création Artistique.

http://www.thierrymaillard.com

P.S. Le musicien travaille déjà sur un nouveau projet, cette fois-ci avec un big band…