Sages Comme Des Sauvages, du soleil dans les oreilles…

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Le duo d’Ava Carrère et Ismaël Colombani était présent au festival Pause Guitare d’Albi. Rencontre dans la fraicheur d’un jardin quelques heures avant leur passage.

Quel a été votre parcours avant de créer Sages comme des Sauvages ?

Ismaël : J’ai commencé le premier groupe de musique à 17 ans et j’ai navigué dans ce milieu une quinzaine d’années. J’ai d’abord été violoniste à Lyon dans différentes formations atypiques et inclassables, puis je suis parti à Bruxelles monter un collectif de danse, Lookatmekid, où j’écrivais la musique. J’ai aussi monté là-bas le groupe de rock Vitas Guerulaitis. L’idée était de creuser des sillons en dehors des circuits commerciaux, j’ai pas mal fréquenté les réseaux alternatifs. Avec Sages comme des Sauvages on découvre une facette plus « officielle » de la musique.

Ava : Moi j’ai commencé la musique plus tard que lui, j’avais 26 ans. Après avoir fait les Beaux-Arts j’ai composé des chansons dans un garage band. Puis je suis partie à Berlin où je jouais sur scène avec des instruments en carton que je construisais, car je n’avais pas de musiciens. Grâce à cela j’ai beaucoup tourné pendant un an, c’est très formateur. J’ai pas mal fréquenté les milieux alternatifs et les squats…Ensuite j’ai intégré le réseau chanson à Paris (Les Trois Baudets), j’ai sorti un premier album réalisé par Frank Williams (Fantazio). Contrairement à Ismaël qui fait de la musique depuis qu’il a 6 ans, je suis autodidacte, je n’ai jamais appris à jouer.

SCDC 3

Photo B.Jean

On trouve une instrumentation plutôt variée sur votre disque (bouzouki, defi, guitare, cavaquinho, violon…). Cela vient de vos différents voyages ?

Ismaël : Pas tant… Les parents d’Ava habitent en Grèce. On a trouvé le bouzouki et le defi (instrument de percussions joué par Ava) à Athènes. Ma mère a habité 3 ans au Brésil, j’ai ramené le cavaquinho quand je suis allé la voir. Certains pensent qu’on fait de la musique un peu exotique ou d’ailleurs, en fait tout cela est assez local… On tourne par exemple aussi en quintet avec un musicien mexicain qui joue de percussions d’Amérique du sud, mais il habite près de chez nous. On vit finalement dans des mondes cosmopolites. A Bruxelles, dans notre quartier, de nombreux brésiliens sont arrivés et du coup quand notre copain mexicain n’est pas disponible c’est un ami brésilien à lui qui le remplace…En tous cas on ne cherche pas du tout à « faire exotique », cela ne nous intéresse pas du tout.

Ava : Nous ne sommes pas vraiment des globe-trotteurs, nous voyageons parce que nous avons de la famille ou pour les concerts.

Fond SCDS

Photo B.Jean

Votre album « Largue la peau » est assez influencé par la musique réunionnaise, vous avez vécu là-bas ?

Ismaël : C’est lié à ce collectif de danse à Bruxelles, Lookatmekid que j’ai monté avec une amie qui est à moitié réunionnaise. Du coup nous y sommes allés par le biais de ces spectacles. Ava m’a rejoint et entre temps, dans l’avion, elle avait rencontré la nièce de Daniel Waro.

Ava : Oui, à chaque fois le hasard des rencontres nous a permis de donner quelques concerts devant un public restreint car personne ne nous connaissait. Mais quand nous sommes revenus deux ans plus tard pour 2 dates, nous avons découvert que le magazine culturel local nous avait consacré toute une page !

Ismaël : Il y a eu une sorte de reconnaissance mutuelle avec les musiciens rencontrés, le fait qu’on reprenne du Alain Peters * a joué aussi. Le concept de « créole » nous intéresse beaucoup, ce que Daniel Waro appelle la « batarsité » et que l’on pourrait traduire par la batardisation, qui est très différent du métissage. Le créole est composé de plusieurs cultures que l’on pourrait qualifier de « faibles » (sans être péjoratif), à l’opposé de la culture dominante.

Ava : Le créole est chantant et surtout malléable, alors que le français assez rigide et institutionnel. Moi je viens d’une famille de profs où l’orthographe est hyper important, où il ne faut pas faire de fautes, là c’est tout l’inverse.

Ismaël : Pour moi, ça décoince le français… C’est comme en Belgique : ceux qui portent le mieux le français sont les Flamands (Arno, Zita Swoon…).

SCDS Ava

Photo B.Jean

Vous avez d’autres projets en vue après cette tournée ?

Ava : On commence à jouer en quintet cet été dès les Francofolies (en 1ère partie de Katerine). C’est assez sporadique mais on tournera sous cette forme l’année prochaine.

Ismaël : On pense aussi à un deuxième album, mais bon… En fait tout a été fait jusqu’ici sans planification, il y a eu beaucoup de hasard, je trouve ça plutôt pas mal.

 B.Jean

 

* Poète, musicien et chanteur rebelle décédé en 1995, qui jouit d’un grand respect à La Réunion.

http://www.sagescommedessauvages.org

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