FÉLOCHE « CHIMIE VIVANTE » (Silbo Records)

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En 2010 le public français découvrait un drôle d’énergumène avec une mandoline et un univers original.  Le premier album de Féloche, « La vie cajun », comportait le titre accrocheur « Darwin avait raison » mais surtout le fascinant « Dr John Gris/Gris John » avec la voix spectral de Dr John. On ressortait d’un concert de Féloche avec un sourire immense et une bonne humeur à toute épreuve tant l’homme et ses musiciens (dont la talentueuse Léa Bulle) dégageaient un bonheur jubilatoire et communicatif. Avec « Silbo » trois ans plus tard il fait jouer pas moins de 64 mandolinistes dans une chanson !

Féloche nous revient en grande forme avec son « Alchimie vivante » composée de 11 éléments toujours aussi mystérieux et originaux. On y retrouve le joli single « Tara Tari » (hommage à la navigatrice Capucine Trochet et à son voilier écolo) ainsi que des titres étonnants comme « Chimie vivante » avec les vocalises sidérantes de la soprano Julia Wischniewski (également présente sur « Colombine »).

Sur « Manjo » Féloche nous offre un duo avec la chanteuse italienne Naïf Herin. Le côté loufoque et déglingué de l’artiste se retrouve dans un titre comme « P’tite tête » qui n’aurait certainement pas déplu à un certain Higelin… Quant au morceau qui clôt l’album, « Je crie », c’est un tendre clin d’oeil à l’enfance et à l’innocence, avec des voix et des commentaires d’enfants en toile de fond.

Les constructions musicales de ce nouvel opus peuvent parfois surprendre de prime abord, mais au fil des écoutes les morceaux de ce puzzle un peu foutraque s’assemblent parfaitement et laisse la magie opérer. Féloche n’a pas fini de nous surprendre !                  B.Jean

http://www.feloche.com

Ci-dessous le clip de Yolande Moreau, « Crocodiles »

 

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BEAUTIFUL BADNESS « I’LL BE THERE FOR YOU »

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Cover REWIND

Si vous connaissez la série TV « Friends » diffusée dans les années 2000, la chanson « I’ll be there for you » vous dira quelque chose… Certes le tempo est très différent, le rock speedé du groupe The Rembrandts a laissé place à une chanson mélodieuse au climat éthéré où domine la voix de falsetto du chanteur Gabriel Sesboué.

Beautiful Badness est né en Belgique autour du chanteur français Gabriel Sesboué et comprend quatre autres musiciens. Influencé par le lyrisme d’Antony & The Johnsons tout aussi bien que par Radiohead ou les musiques classique romantiques, il excelle dans la composition de musiques envoûtantes et planantes.

Cette reprise est un avant goût de leur prochain album « Rewind » à paraitre début 2019. Le clip montre une ambiance beaucoup moins amicale et naturelle que dans la série télévisuelle… Ici une application payante et inquiétante (FRNDZ) gère désormais les relations entres personnes (devenues « e-friends ») et commande leurs envies et désirs. Pour reprendre la formule cynique de cette application (imaginaire) : la marchandise c’est VOUS.  Joli clip et superbe reprise.                                                    B.Jean

http://www.beautifulbadness.com

 

 

MACY GRAY « RUBY » (Mack Avenue)

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« Ruby » est le dixième album de la chanteuse américaine de soul et R&B. Macy Gray avait surpris ses fans avec « Stripped » en 2016. Pour la première fois la dame s’était aventurée sur le terrain du jazz, genre qui ne lui était pas familier mais où elle a montré une fois de plus son immense talent.

Cette fois-ci elle effectue un retour aux sources avec un album magistral bourré de soul, de blues, de jazz, de R&B mais aussi de pop. Ces différents styles conviennent à merveille  à sa voix unique et délicieusement cassée. Elle a elle-même participé à la réalisation aux côtés des producteurs Tommy Parker Lumpkins (Janet Jackson, Justin Bieber), Johan Carlsson (Maroon 5) et Tommy Brown (Ariana Grande).

Le disque bénéficie d’une production hyper léchée et d’un son grandiose mais sans que cela atténue les qualités vocales de l’artiste. Il s’agit d’un superbe écrin destiné à mettre en valeur la voix de Macy Gray. Le résultat est stupéfiant. Des cordes et une section de cuivres sont présents dans plusieurs morceaux, ainsi que des choristes comme dans « Buddha » (qui sonne comme un gospel).

Si le titre « Sugar daddy », très accrocheur, a été choisi pour lancer l’album avec le clip correspondant (clin d’oeil au film « Lady sings the blues »), il est loin d’être le plus intéressant. On lui préférera des compositions comme « Buddha » (avec la participation du guitariste Gary Clark Jr), « Cold world », « Tell me » et « Jealousy » (aux influences New Orleans) ou l’envoûtant « When it ends ».

« Ruby » porte bien son nom, c’est un véritable petit bijou qui a tendance à  vous ensorceler insidieusement. Mais qui s’en plaindra ?                                    B.Jean

http://www.macygrayofficial.com

 

TOM LEEB « TOM LEEB » (Roy Music)

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L’un, Michel (le père) s’est fait connaitre comme amuseur public avant de se reconvertir en chanteur de swing. L’autre, Tom (le fils) a fait du cinéma, monté le duo comique Kevin & Tom et se lance dorénavant dans la chanson.

Ce premier disque éponyme de 6 titres montre l’attirance pour une musique tendance folk-rock comme celle que jouent Ben Howard ou Bon Iver. Tom Leeb a concocté des chansons mélodiques un brin mélancoliques qui fait la part belle aux guitares acoustiques. Difficile d’imaginer entendre chanter un artiste français tant l’ensemble sonne vraiment anglo-saxon… Il faut dire que Tom a vécu un temps à New-York, ceci explique surement cela.

Toujours est-il que le fils prodige n’a pas à rougir de ce premier essai. L’examen d’entrée est largement réussi et le disque tient très bien la route. Un disque sobre et plutôt dépouillé, avec parfois de belles envolées de cordes comme dans le titre final « Revenge ».     B.Jean

https://www.facebook.com/Tom.Leeb.Officiel/

ALEXIS HK « COMME UN OURS » (La Familia)

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On avait laissé Alexis HK en compagnie (imaginaire) de Georges Brassens en 2015 pour l’album « Georges et moi », talentueux hommage à un de ses artistes préférés. L’auteur-interprète de « C’que t’es belle », malicieuse et subtile chanson qui a lancé sa carrière, commençait à nous manquer.

Il nous revient en pleine forme avec « Comme un ours », recueil de 12 titres aux textes toujours aussi savoureux, mélange bien équilibré de gravité et d’humour. Il s’est complétement isolé pour en écrire le contenu, « pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue » (dixit son auteur). Alexis HK manie toujours aussi bien le verbe et les images, que cela soit pour les sujets graves comme le racisme ou le fascisme larvé (« La chasse », « Les pieds dans la boue ») ou pour d’autres plus légers et tendres (« Je veux un chien », «  »La fille à Pierrot »).

Le principal changement sur cet album vient de l’orchestration réduite. Exit la batterie et bienvenue au violoncelle et à quelques boucles électroniques discrètes. Alexis HK a souhaité l’aide de Sébastien Collinet (Rover) en tant que coréalisateur et a fait appel à un ingénieur du son et à un violoncelliste.

« Comme un ours » (l’album) ressemble comme deux goutes d’eau à son géniteur. Il a un côté sombre et bourru mais aussi un charme désarmant et une sensibilité à fleur de peau. Comment rester de marbre en écoutant les paroles de « Marianne », évoquant les moments de bonheur et d’insouciance sur une terrasse de café, juste avant l’horreur des attaques terroristes de 2015 ?

Alexis HK est de retour et c’est une bonne nouvelle…                                   B.Jean

http://www.alexishk.com

EDWARD PERRAUD « ESPACES » (Label Bleu)

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Il a commencé par apprendre à jouer de la guitare à huit ans, mais c’est vers les percussions qu’il s’est vite tourné et c’est ce qui a fait sa renommée. On retrouve son nom sur une cinquantaine d’albums en provenance du monde entier. Il a fondé son propre label Quark en 2005 et a partagé la scène avec Sylvain Kassap, Louis Sclavis, Michel Portal, Beniat Achiary, Fred Frith…

Un rêve, une nuit de juin 2016 est à l’origine de ce nouveau projet intitulé « Espaces ». Le musicien prend conscience dans ce songe de l’importance déterminante de la notion d’intervalle musical. Chaque compositeur aurait son intervalle de prédilection de manière inconsciente, que cela soit Mozart (avec la tierce majeure), Brahms (la sixte et l’octave), Debussy (la quinte), Coltrane (la quarte juste)…

Si le nom de ce nouvel album est au pluriel c’est qu’il y a différentes sortes d’espaces pour Edward Perraud, et le but de cet enregistrement est de les faire découvrir et de faire partager son émerveillement. Avec la complicité de Bruno Chevillon à la contrebasse et de Paul Lay au piano, le batteur a composé 14 morceaux d’une grande exigence.

Edward Perraud espère que sa musique transportera l’auditeur « vers cet espace où s’arrêtent les mots… ». A vous de juger !                                                 B.Jean

SAMY THIEBAULT « CARIBBEAN STORIES » (Gaya Music)

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La discographie du saxophoniste Samy Thiébault compte six albums réalisés entre 2004 et 2016, dont le très remarqué « Feast of friends », hommage appuyé à la musique des Doors. La qualité de son travail est unanimement reconnu, et pour le magazine Jazz News il a sa place auprès « des plus grands jazzmen de ce pays ».

Pour ce nouvel opus, Samy Thiébault nous convie à un voyage à travers les cultures musicales des Caraïbes. En compagnie d’une solide section rythmique (le cubain Inor Sotolongo aux percussions, le guadeloupéen Arnaud Dolmen à la batterie et Felipe Cabrera à la contrebasse) il revisite calypso, merengue, chachacha, bolero, valse et autres styles avec beaucoup de respect et d’ inspiration.

Deux guitaristes (Hugo Lippi et Ralph Lavital) ainsi que le tromboniste Fidel Fourneyron viennent compléter le groupe auprès de Samy Thiébault, qui officie au saxo ténor mais aussi à la flûte. En dix chapitres musicaux, « Caribbean stories » nous retrace l’histoire de peuples souvent opprimés, voir massacrés ou exilés. Du Vénézuela à Puerto Rico en passant par Trinitad et Cuba, le musicien a été frappé par la richesse et l’importance de ces cultures qui ont traversé les siècles.

Ce monde musical créole, présent dans le blues et le jazz, a trouvé en Samy Thiébault un ardent défenseur et admirateur, qui a ainsi voulu lui rendre ses lettres de noblesse mais aussi toute son humanité.                                                              B.Jean

Sortie le 21 septembre 2018

http://www.samythiebault.com